Cornucopiae The Independent Dance

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IN SITU À DREHU

Projet Pacifique Sud 2010 Lifou, Nouvelle-Calédonie

Nathalo (Lifou, Nouvelle-CalÚdonie)
du 26 avril au 16 mai 2010


Il s’agit d’une rencontre entre artistes d’Europe et artistes du Pacifique sud ; d’une résidence de 3 semaines à Drehu (Lifou) du 26 avril au 16 mai 2010 ;  de partages et d’expérimentations autour de la danse, de la musique, du son et de l’image ; de graines en semence, d’un projet à laisser germer au fil du temps.

 

 

NOTE D'INTENTION
MARCHER RÊVER EXPÉRIMENTER S’AVENTURER QUESTIONNER DOUTER ÉCOUTER ENTENDRE VOIR PERCEVOIR OBSERVER DANSER

Après un premier voyage en mai 2009, et un second en décembre / janvier 2010, j’ai désormais la certitude d’avoir « quelque chose » à inventer et à proposer en Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique Sud. Puisqu’aujourd’hui je n’en suis qu’aux prémices, c’est certes l’intuition artistique qui parle mais aussi, après 30 années de création en danse, la nécessité de continuer à approfondir ma recherche du corps en mouvement dans des contextes culturels autres que celui dont je suis issue, le contexte culturel européen. Ce besoin clair de me confronter à ce que je ne connais pas encore, qui est loin et qui me questionne en tant qu’être humain dans toutes ses dimensions.

Pour l’artiste-danseuse-chorégraphe que je suis, voyager, rencontrer et « se faire travailler » par d’autres cultures a toujours été primordial. Car cet échange est essentiel tant pour la création en elle-même que pour la qualité du regard transformé qu’il opère. En parallèle de mon travail en France, à la tête du Centre Chorégraphique de La Rochelle de 1986 à 2008, au cours de nombreuses tournées en Europe et de par le monde, le Brésil, la Chine et dernièrement le Vietnam ont été les 3 principaux pays avec lesquels j’ai spécifiquement créé, cherché, transmis, partagé cette passion pour l’art chorégraphique. Il n’y a pas eu de préméditation à ces rencontres qui se sont toujours construites grâce à un désir réciproque, avec le temps et la durée comme compagnons bienveillants car il n’y a pas de réel travail sans eux. À chaque fois, une nouvelle aventure s’est tissée, s’est inventée, unique et forte.

« Je suis une fille de la mer ». C’est ainsi. Née et élevée sur la côte en Algérie, ayant travaillé pendant ces vingt dernières années au bord de l’Atlantique à La Rochelle, le fait que je sois aujourd’hui en train d’imaginer un nouveau projet au bout de ce monde baigné par le Pacifique, ne me surprend pas. Pour mon imaginaire porteur de tous mes gestes dansés, de toute mon énergie, ça coule de source…

Je suis lente. J’aime prendre mon temps. Il faut être patient, méthodique pour aller à la rencontre de l’inconnu. Je vais pas à pas. Sûrement, avec douceur et précision. Il faut prendre le temps de « renifler », de « humer ». Il faut tâtonner, accepter de ne pas savoir, observer, se faire observer, essayer et puis parfois, trouver le chemin, un chemin souvent imprévu, impensé. C’est ça le goût de l’invention. J’ai cette persévérance, cette capacité de m’engager sans rien attendre en retour et d’accueillir l’inattendu. C’est de cette manière que je construis avec détachement et engagement.

Je viendrai accompagnée car les danseurs ne sont pas des solitaires, ils favorisent le dialogue. En l’occurrence, pour ce projet, je serai accompagnée par Gianni Fornet, guitariste et auteur de textes pour le théâtre, par Nicolas Barillot sonorisateur et par João Garcia photographe-vidéaste. Ce sont des artistes, amis, complices.

Depuis janvier 2009, j’ai désormais une nouvelle structure de création qui se nomme CORNUCOPIAE ce qui veut dire corne d’abondance, à l’image du coquillage en forme de conque dans lequel on souffle et que j’ai pu voir au sommet des cases dans certaines tribus mélanésiennes. Cette structure indépendante est soutenue par le Ministère de la Culture et de la Communication - Direction Générale de la Création Artistique (D.G.C.A).

 

DÉROULEMENT
ATELIER IN SITU À DREHU SUR L’ORALITÉ A TRAVERS LES MYTHES DE LA COUTUME KANAK DU 26 AVRIL AU 16 MAI 2010

3 semaines pour collecter, trier et organiser.
3 semaines pour vérifier, expérimenter et élaborer.

LA PREMIÈRE SEMAINE est le temps nécessaire pour clarifier avec les différents intervenants et participants, le contenu, le cadre et les objectifs de ce travail de recherche. Il s’agit de constituer un groupe de personnes impliquées par le thème de l’oralité qu’ils soient danseurs, peintres, sculpteurs, musiciens, comédiens ou écrivains. Amateurs et professionnels engagés sur ce terrain de mémoire vivante que constitue la Coutume Kanak seront les partenaires essentiels de cet atelier in situ.

LA DEUXIÈME SEMAINE est le temps de l’atelier à proprement parler. À partir de mythes issus de la tradition orale, préalablement choisis, nous travaillons dans les lieux et paysages où la transmission orale de ces contes s’effectue. Donc, nous travaillons à l’extérieur, sans lieu dit, nomades, à la recherche des différents supports topologiques, cailloux, arbres, dénivellations, cours d’eau qui sont les supports de cette mémoire active. Ainsi nous collectons des matériaux dansés, joués, parlés puis nous faisons le tri et ensuite nous organisons une forme vivante susceptible d’être montrée au public du moment. Compte tenu de la spécificité de la culture Kanak qui privilégie la non-représentation, il ne s’agit pas d’aboutir à une forme figée du spectaculaire.

LA TROISIÈME SEMAINE est une semaine consacrée à l’organisation et la réalisation des différentes traces de ce travail, qu’elles soient sonores ou visuelles. C’est l’occasion de faire le bilan provisoire de cette rencontre pour mieux se projeter dans une seconde proposition. J’exprime le souhait ouvert de pouvoir continuer et approfondir cette collecte in situ dans l’espoir d’inscrire un deuxième rendez-vous de ce type avant la fin de l’année 2010.

 

L'APPUI DE « CULTURE(S) EN CHANTIER »
« Culture(s) en chantier », cabinet d’ingénierie culturelle créé en mars 2010 à Boulouparis, en Nouvelle-Calédonie, trouve ses racines dans un parcours professionnel de 16 années, depuis La Rochelle – j’y ai fait ma première expérience dans le domaine culturel et artistique auprès de la chorégraphe Régine Chopinot – jusqu’en Nouvelle-Calédonie où je viens d’œuvrer durant 7 ans à la direction du service de la culture de la Ville de Nouméa. Sur le chemin, de nombreuses rencontres, en Afrique, en Amérique du Sud, au Canada avant le Pacifique sud. De ce chemin, un goût profond pour la rencontre de l’autre, pour les cultures, pour ce que je ne connais pas encore.

Retrouver aujourd’hui Régine Chopinot en terre kanak, sur l’ile de Drehu dont j’ai commencé à apprendre la langue, accompagner sa rencontre avec les artistes du pays kanak pour voir ce qui pourrait germer d’un chemin artistique partagé, est un beau commencement pour mon projet de « médiation culturelle ». / Cyril Pigeau

 

SUITE ET EXTENSION DU PROJET PACIFIQUE SUD
Un film vidéo d’une durée de 30 minutes est visible sur le site internet. Il témoigne de la manière dont s’est construit le projet jusqu’à la création d’une ébauche chorégraphique et musicale « EKE-ENY » (les 4 vents). Cette première étape jouera le rôle de matrice pour les prochains IN SITU.
L’idée est de continuer à tisser sur le temps une relation privilégiée avec la troupe des danseurs du Wetr afin d’élaborer, à terme, une création. Avec le soutien de Culture(s) en chantier dirigé par Cyril Pigeau à Nouméa, le désir est de partager avec la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Japon ce questionnement artistique autour de la tradition et de la modernité.
IN SITU est une forme ouverte et dynamique qui est proposée aujourd’hui dans ces 3 pays, avec à chaque fois des danseurs / artistes Kanak et Maori, Kanak et Aborigènes, Kanak et Japonais.
Un deuxième IN SITU est organisé à Lifou en janvier 2011 et pour la première fois en Nouvelle-Zélande et au Japon en mars 2011.

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Son : Nicolas Barillot
Chorégraphie et vidéo : Régine Chopinot
Musique : Gianni Fornet
Photo et vidéo : João Garcia

Production : Cornucopiae
Support : Culture(s) en chantier
Partenariat : Province des Îles Loyauté, Direction du Patrimoine Foncier et Culturel et l'association culturelle du Wetr

You tube
Cornucopiae – the independent dance est conventionnée par le ministère de la Culture et de la Communication DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur et est subventionnée par le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur,
le Conseil départemental du Var, la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée et la Ville de Toulon. Avec le soutien de la Ville de La Valette-du-Var.